La doublette de Belleville
Jeudi 29 Juillet 2010 21:18

Tigran Hamasyan (à g.) et Stéphane Kochoyan (à dr.) © Alex Dutilh
Fin d'après-midi d'été sur les hauteurs de Belleville à Paris, aujourd'hui.
Avec l'association nîmoise Jazz 70, Stéphane Kochoyan prépare une exposition (photos, documents, vidéos) sur la place du jazz à Nîmes. Elle sera présentée au Carré d'Art (le musée d'art contemporain qui fait face à la Maison Carrée), à l'occasion du prochain festival "L'Agglo au rythme du jazz" qui aura lieu durant les trois premières semaines d'octobre, avec l'aide du regroupement de communes autour de la ville de Nîmes.
En sortant de chez lui, nous tombons sur Tigran Hamasyan (il loge chez Stéphane), de retour d'une séance de travail chez Universal, son nouveau label de disque. Non seulement il confirme la séance d'enregistrement de septembre en piano solo (sur un Fazioli), mais il nous annonce que la sortie du disque est calée pour avril, en même temps qu'un concert parisien au Châtelet. Double scoop, j'enfourche mon scoot…
plus d'infos
> http://www.myspace.com/tigranhamasyan
> http://jazz70.blogs.com/le_jazz_nmes/expo-photos-et-multim%C3%A9dia-appel-au-peuple.html
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Tigran Hamasyan, piano solo, Stéphane Kochoyan, Jazz à Nîmes
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Mireille - 30/07/2010 21h02
Le jazz à Nîmes est toujours vivace grâce à Jazz70 qui nous concocte de belles programmations. L'exposition qu'ils préparent, avec la bibliothèque musicale de Carré d'Art, sera riche de documents rares et d'interviews inédites et précieuses.
Et vivement la sortie du prochain opus de Trigran Hamasyan!
Ahmad Jamal, l'or du trio réédité
Mercredi 28 Juillet 2010 08:00

Le coffret de 9 CD, Mosaic #246
Il y eut une vie musicale pour Ahmad Jamal avant le 27 septembre 1956. Le pianiste avait quitté Pittsburgh pour rejoindre les Four Strings du violoniste Joe Kennedy (avec le guitariste Ray Crawford et le contrebassiste Edgar Willis). Kennedy parti vers d’autres projets, Ahmad Jamal se retrouva au milieu des Three Strings (avec Crawford et Tommy Sewell à la basse, bientôt remplacé par Eddie Calhoun puis Israel Cosby). Dans cette formule « sans tambour, ni trompette », celle qui fit le son de Nat King Cole, Ahmad Jamal enregistra ses premières faces en leader pour les labels Okeh et Epic, entre 1951 et 55. Et une dernière, « Chamber Music Of New Jazz », le 23 mai 1955 pour inaugurer sa signature avec le label Argo. Fin de la préhistoire.
À partir des séances du 27 septembre et 4 octobre (pour une seule plage) 1956 de l’album « Count ‘em 88 », et jusqu’au 1er février 1962, le travail d’Ahmad Jamal est consacré au trio piano-contrebasse-batterie. Il vient de trouver le bassiste idéal en la personne d’Israel Crosby (justesse, imagination, capacité à jouer des lignes parallèles, épaisseur du son…) et rode la formule avec un Walter Perkins impeccable derrière une batterie économe et participant à l’évidence d’une « ligne claire » immédiatement dépouillée de tout superflu et inédite jusque-là dans l’art du trio. L’influence d’Erroll Garner est encore perceptible dans les ostinatos, la force rythmique de la main gauche et surtout la conception orchestrale du clavier, celle de Nat King Cole dans l’économie de moyens et celle d’Art Tatum dans l’onirisme des introductions ou des codas. Mais fin 1957, alors qu’il entame un long séjour au Pershing Lounge de Chicago réussit enfin à convaincre Vernell Fournier – le batteur overbooké dont il rêvait depuis longtemps – de le rejoindre. C’est lui qui donne une illusion de congas sur la batterie, lui encore qui joue des balais d’une main, des mailloches de l’autre tout en tenant des maracas entre deux doigts (sur Poinciana). Bref un batteur aussi singulier que Paul Desmond fut un saxophoniste singulier pour Dave Brubeck. La musicalité personnifiée.
Dans la nuit du 16 au 17 janvier 1958, ils mettent en boîte 43 morceaux ! 8 seront publiés sous le titre « But Not For Me », incluant le célébrissime Poinciana. Succès colossal : 108 semaines au top ten des ventes de disques ! Dans la foulée, 11 plages supplémentaires seront publiées sous le titre « At The Pershing, Volume Two ». Les autres sont perdues corps et bien. On ne compte plus les innovations rythmiques, harmoniques et les détails de génie mélodique qui traversent ces plages. Crosby et Fournier sont cesse en situation de proposer, de créer une dynamique : jamais une note qui ne soit nécessaire à la fraicheur collective. Jamal murmure, explose, ses doigts hurlent de joie, s’amusent à jouer en do (là où il est le plus difficile d’être original), donnent à chaque fois une « vision » inouïe de standards souvent inattendus.
Et lorsque « At The Blackhawk » vient clore la série, les 31 janvier et 1er février 1962, on atteint le sommet de l’épure. Moins d’explosions peut-être, mais une palette de nuances et la conviction d’un miracle renouvelé. Aujourd’hui, il paraît clair que Keith Jarrett a trouvé là précisément l’une de ses inspirations majeures pour son trio « Standard » avec Gary Peacock et DeJohnette. Entre temps, verront le jour « Ahmad Jamal Trio, Volume IV » et « Portfolio of Ahmad Jamal » au Spotlight de Washington, « Jamal at the Penthouse » et « Listen to the Ahmad Jamal Quintet » avec le violoniste Joe Kennedy et des cordes, « Happy Moods » en studio à Chicago, « Ahmad Jamal’s Alhambra » et « All Of You » dans le club-restaurant de Chicago que le pianiste venait d’acquérir. C’est d’ailleurs parce que la gestion de l’Alhambra (décoré à la mode andalouse) lui prenait tout son temps que Ahmad Jamal a arrêté le trio et rendu leur liberté à Israel Crosby et Vernell Fournier …immédiatement embauchés par George Shearing.
Comme ce coffret de 9 CD est élaboré par Mosaic Records, on se doute que le « plus » éditorial est conséquent. Et il l’est, au-delà de toute espérance. 7 ans de recherches et de travail préparatoire, dus au batteur Kenny Washington et au « rééditeur en chef » Michael Cuscuna, pour dégotter 6 inédits d’une séance en studio du 30 juin 1958 rejetée à l’époque par Ahmad qui n’avait autorisé que la publication de deux autres plages en 45 tours. Lorsqu’il les a réécoutées aujourd’hui, toutes ses réserves sont tombées devant un état de grâce évident. S’y ajoutent 2 autres inédits des 5 et 6 septembre 1958 au Spotlight, 3 d’une séance jusque-là inconnue du 5 juin 1961 à Chicago, 3 issus du concert de l’Alhambra le même mois et enfin 9 pris au Blackhawk lors du dernier rendez-vous. Soit 20 standards sortis de l’oubli pour venir enrichir le mythe d’un trio de rêve. Rajoutez quelques pièces rares publiées uniquement sur des compilations ou des petits formats et nous avons entre les mains un ensemble d’une cohérence imparable.
En prime, un livret (format 30cm) signé Kenny Washington comprenant la transcription d’une longue interview qu’il avait réalisée d’Ahmad en 2003 pour une radio new-yorkaise. La précision des souvenirs du pianiste sur ces débuts et les circonstances de toutes ces séances en fait un document de première importance. Sans compter la qualité d’analyse de la plupart des plages, le batteur disséquant particulièrement les jeux de Fournier et Crosby. Bref, une orgie de plaisir.
Le coffret vient d’être publié aux États-Unis il y a quelques jours. Comme d’habitude pour ce label d'utilité publique, non distribué en France, mais disponible directement sur le site de Mosaic Records. Quinze jours que je ne parviens pas à m’en détacher. Sur la moindre plage, l’évidence de ce que Laurent Goddet – alors rédacteur en chef de Jazz Hot – avait appelé une esthétique du désir : dans chaque introduction Ahmad Jamal installe une attente ; dans le développement, la fluidité de ses doigts joue du teasing ; ses codas n’en finissent plus de rajouter un énième effleurement derrière votre oreille… Mo-nu-men-tal !
Ahmad jamal - Darn That Dream - 1959
plus d'infos
> http://www.allaboutjazz.com/php/musician_discography.php?id=7955
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Ahmad Jamal, Argo Sessions 1956-62, coffret Mosaic
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Jean Prince - 24/01/2011 11h43
Le trio du siècle enfin dans une qualité jamais entendue.
Voila qui confirme Ahmad comme l'un des génies du jazz!
Il n'y a rien à jeter de ces enregistrements immédiatement adorés par le public et pourtant longtemps boudés par les "spécialistes".
Merci Monsieur Jamal.
Photo : la mémoire du jazz à Marseille
Mardi 27 Juillet 2010 13:45

Christian Ducasse (au centre), dans la salle d'exposition © Claude Vesco
Une chronique photographique du jazz à Marseille entre 1978 et 2010 : c'est le thème de l'exposition des œuvres du photo-journaliste Christian Ducasse présentée à l'Espace Villeneuve Bargemon de Marseille.
Le photographe précise que "cette exposition est dédiée à Jacques Ménichetti, légende active de la musique marseillaise qui a notamment joué avec nombre d'artistes figurant sur ces murs : Barre Phillips, Vincent Séno, Barney Wilen, Henri Florens, Claude Vesco, Bernard Lubat, Didier Lockwood…"
L'exposition "Regards de Jazz" (dont les tirages ont été réalisés par Caroline Consigny du laboratoire Processus de Paris) est ouverte jusqu'au 15 août inclus et présente également les travaux de Martine Montégrandi et Serge Mercier. À noter que l'Espace Villeneuve Bargemon (climatisé) se situe sur le Vieux Port à côté de la mairie et en contre-bas de l'Hôtel Dieu.
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Expo photo, jazz, Marseille, Christian Ducasse
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Christine s - 03/03/2011 16h42
Bonjour,
Je suis la fille de vincent seno et viens de découvrir qu'il y a eu cette expo. Serait il possible de récupérer une photo?
Cordialement christine seno
Dee Alexander : une très grande au Sunside
Lundi 26 Juillet 2010 09:00

Dee Alexander © DR
On l'avait pressenti à la parution de son album "Wild is the Wind" (BluJazz), Dee Alexander est un phénomène à ne pas rater dans le jazz d'aujourd'hui. J'évite sciemment de préciser "dans le jazz vocal d'aujourd'hui", car la prestation qu'elle vient de donner ce dimanche soir au Sunside à Paris (elle y chantait déjà la veille) est celle d'une musicienne à la tête d'un formidable quartet.
Miguel de la Cerna au piano, Harrison Bankhead à la contrebasse et Yusef Ernie Adams à la batterie, qui ouvrent en trio chacun des sets, constituent des interlocuteurs exceptionnels. Leur entente fusionnelle, se jouant fréquemment de tempos parallèles, évoque la puissance du trio de McCoy Tyner au début des seventies (Juni Booth et Alphonse Mouzon). Même capacité à porter la musique à une température de lave en fusion.
Avec eux, Dee Alexander prend tous les risques, bruitages vocaux, scat africanisant, sautes de registres du grave profond à des aigus célestes, textes engagés… Aussi rayonnante, épanouie, généreuse, sur son répertoire original ou sur des reprises de Nina Simone (dont un Four Women d'anthologie) ou de Dinah Washington. Histoire de marquer que son jazz plonge profond dans les racines de la musique populaire afro-américaine.
Une femme-femme qui se glisse dans le sillage dévastateur de ses trois acolytes ou se lance dans un dialogue avec la contrebasse boisée et large d'épaules de Harrison Bankhead. Ils ne l'accompagnent pas, ils sont une part de "sa" voix, en osmose totale. Batterie privilégiant les tambours, en écho poly-rythmique de congas imaginaires ; piano tête dans le guidon, générant un drive imparable…
Tous les quatre viennent de Chicago (Yusef Ernie Adams étant en fait originaire du Milwaukee) et sont manifestement marqués par la spécificité de la scène locale. Plus encore que la tradition de l'AACM (Association for the Advancement of Creative Musicians, créée en 1965) avec laquelle Dee Alexander a des rapports étroits, cette imbrication totale de la voix au sein du quartet n'est pas sans rappeler la manière de deux autres chicagoans notoires : Kurt Elling et Patricia Barber.
Vendredi, Dee chantait à Souillac, ce lundi soir elle sera à Vannes. Elle sera en Sardaigne fin août. Là où elle en est, elle ferait un triomphe à Montréal, Newport, La Haye, Vienne, Juan, Nice ou Marciac. En 2011 ? Chiche ! Pour l'instant, elle est le diamant brut de Chicago. Plus secret pour longtemps.
plus d'infos
> http://www.myspace.com/deealexandermusic
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Dee Alexander, jazz vocal, Sunside
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Gilles LAMBERT - 27/07/2010 17h46
Et mercredi 21, Dee était à Serres (05), un 'petit festival' qui accueillait également Aurore Quartet et Dmitry BAEVSKY, entre autres.
Et si on en parlait aussi?
SFJazz Collective : les murs se précisent
Samedi 24 Juillet 2010 20:00

La maquette du SFJAZZ Center prévu au 205 Franklin Street dans la Hayes Valley de San Francisco © Mark Cavagnero Associates
Le 15 juillet, le SFJazz Collective a reçu l'autorisation officielle de commencer la construction du SFJazz Center, le projet sur lequel l'association travaillait depuis plusieurs années.
Inspiré du modèle réalisé par Wynton Marsalis pour le Jazz at Lincoln Center de New York, le SFJazz Center sera installé au 205 Franklin Street, dans la Hayes Valley de San Francisco. Conçu sur 35 000 m2, par l'architecte Mark Cavagnero, connu par ses ouvrages à énergie renouvelable, l'immeuble coûtera 60 millions de dollars. La moitié du financement est déjà acquise, incluant 20 millions offerts par un donateur anonyme. La salle de concert de 700 places devrait ouvrir en 2012 et le SFJazz Center prévoit d'y organiser 150 concerts par an. Le reste du bâtiment intègre des salles de cours, de conférences, un laboratoire de musique électronique, ainsi que les bureaux du SFJazz Collective.
En attendant, la musique du SFJazz Collective, c'est dès ce dimanche 25 juillet sur France Musique, de 13h07 à 14h30 dans Jazz Gallery. Premier épisode (en réécoute par le lien ci-dessous… ) d'une série de trois, consacrés à ce all-star de la décennie.
plus d'infos
> http://www.sfgate.com/cgi-bin/blogs/cityinsider/detail?entry_id=67988
> http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/gallery/emission.php?e_id=90000050
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SFJazz Collective, SFJazz Center project
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paul - 25/07/2010 21h17
Exceptionnel retour dans les années 70. Merci une fois de +.
Je n'ai pas aimé Eric Harland, trop fort et puis pas bon son...
Bien sur la comparaison avec les "maîtres" (Ornette, et Coltrane) est sans appel !
Merci encore Paul.
Willem Breuker : le clown blanc est mort
Samedi 24 Juillet 2010 18:00

Willem Breuker en 1993 © ANP
Triste semaine… Avec le compositeur, saxophoniste et leader Willem Breuker, c'est une figure majeure de la scène du jazz européen qui disparait. Il s'est éteint hier 23 juillet, à 65 ans, des suites d'un cancer des poumons.
Dès 1967, en créant le collectif ICP (Instant Composers Pool) avec Han Bennink et Misha Mengelberg, Breuker avait doublement fait œuvre de pionnier : en initiant sur le vieux continent un regroupement de musiciens qui allait inspirer les allemands de FMP et les anglais de Incus ; en développant une conception libertaire de l'improvisation larguant les amarres avec les codes du jazz américain.
Cette émancipation du modèle américain allait se trouver renforcée à partir de 1974 quand le saxophoniste (et clarinettiste) créa le Willem Breuker Kollektief, un ensemble pour lequel le terme "jubilation", largement galvaudé par la critique de jazz, aurait pu être inventé. Compositions originales prolongeant l'efficacité d'écriture d'un Kurt Weill ou d'un Hanns Eisler ; arrangements cuivrés et débridés, interprètes allumés… Des airs de feria délurée sous les ailes des moulins à vent. Cette formation a marqué au fer rouge l'esprit de toute une série de festivals français. Grenoble, Angoulême, Le Mans, Banlieues Bleues, Nevers, etc. ont compris alors la leçon du joyeux batave. Celle d'une créativité passant par d'autres voies que celle du modèle américain. Celle d'une générosité joyeuse et décomplexée, de jours de fête drôlement sérieux.
Breuker allait même pousser le bouchon un peu plus loin en multipliant les arrangements des compositeurs européens du XXème siècle, Ravel, Satie, Weill, Boulez, mais aussi Morricone ou Gershwin, car ce trublion fut indéfectiblement attentif à garder une fibre populaire dans son approche musicale. Jamais loin de la mélodie, de l'esprit de fanfare, cédant souvent à une transe partagée avec le public et ponctuée de rires gargantuesques.
Son "engagement", au sens brechtien du terme va dans le même sens : Breuker créa le BIM, le syndicat de musiciens néerlandais, et dans la foulée le club BIMHuis, puis en 1974 le label BVHaast qui allait devenir la vitrine de toute la nouvelle génération du jazz néerlandais. Jusqu'à ce que celle d'aujourd'hui s'organise à son tour en une myriade de micro-labels et de micro-collectifs. Cet engagement s'est aussi traduit par une activité intense de compositeur de musiques de scène pour le théâtre. On peut en dire autant de la collaboration de Breuker avec le cinéaste Johan Van der Keuken, entamée en 1966…
C'est un bâtisseur qui disparait.
À lire : Willem Breuker, de Jean et Françoise Buzelin, 1992, éditions du Limon.
À écouter : une trilogie irrésistible et engagée, "Hunger", "Thirst" et "Misery" signée du Kollektief sur le label BVHaast, distribué en France par Orkhêstra.
plus d'infos
> http://www.orkhestra.fr/auteur.php?POSIT=BREUKER+WILLEM
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Willem Breuker, mort, Pays-Bas
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Alex Dutilh - 29/07/2010 08h26
C'est vrai. Tout comme Nicole Martin-Raulin, il a beaucoup fait pour faire connaître et tourner Willem Breuker, produisant au passage un album superbe, "À Paris, Summer Music", l'un des rares publiés par Breuker en dehors de son propre label.
Cela dit, si l'on parle de la personnalité de Keith Jarrett, on n'est pas obligé de parler de Manfred Eicher…
Impro - 28/07/2010 15h38
Le nom de Gérard Terronés n'aurait pas été de trop dans cet article.
Daniel Jouanisson - 26/07/2010 00h08
Je voudrais juste attirer l'attention sur l'existence de mon film que j'ai réalisé en 2000 pour les 25 ans de son groupe: Amsterdamned Jazz-Willem Breuker Kollektief (diffusé sur Muzzik-Mezzo) et dire combien il nous manque déjà!
Al Jarreau hospitalisé à Gap
Vendredi 23 Juillet 2010 16:18

© DR
Dépêche de l'agence Associated Press :
Le chanteur américain Al Jarreau se trouvait vendredi dans un état "assez critique" et "préoccupant" au service de réanimation de l'hôpital de Gap (Hautes-Alpes) où il avait été admis en urgence jeudi soir, a-t-on appris auprès de la direction du Centre hospitalier intercommunal des Alpes-du-Sud.
"Il a été victime d'un malaise hier soir, peu avant le concert qu'il devait donner à Barcelonette" (Alpes-de-Haute-Provence), a précisé Maurice Marchetti, le directeur adjoint du centre hospitalier à l'Associated Press. Admis aux urgences de l'hôpital de Gap, le chanteur a été transféré en réanimation, où il se trouvait depuis, "en soins continus" dans un "état assez critique", selon M. Marchetti.
"On le traite pour des troubles respiratoires et il restera en observation vraisemblablement toute la journée", a-t-il dit, précisant toutefois que "les médecins ne se prononcent pas sur le pronostic vital". "Il peut se remettre assez rapidement", comme avoir "une remise en état plus lente", mais "pour l'instant, ça va, il supporte très bien les traitements", a ajouté M. Marchetti.
Selon Xavier Fribourg, directeur du festival "Les Enfants du jazz" où devait se produire le chanteur, Al Jarreau "a été évacué par hélicoptère sur l'hôpital de Gap, juste avant le concert", qui était prévu à jeudi à 21h30. "On a eu la nouvelle" du malaise à 21h, a-t-il ajouté, interrogé par téléphone par l'Associated Press. D'après lui, le chanteur de jazz a souffert "semble-t-il d'importantes difficultés respiratoires liées sans doute à la fatigue de la tournée et à la chaleur".
plus d'infos
> http://www.dailymotion.com/video/x1owhv_al-jarreauspain_family
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Al Jarreau
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JOUAUX - 04/08/2010 11h28
quel dommage de ne pouvoir réécouter les 2 émissions de Marciac.
Disparition de Harry Beckett
Vendredi 23 Juillet 2010 15:38

Harry Beckett en 2005 © Aram Voves
Une figure du jazz britannique vient de disparaitre. le bugliste (et trompettiste) Harold Winston Beckett était né aux Barbades un 30 mai 1935, on vient d'apprendre sa mort à Londres, hier après-midi, jeudi 23 juillet, des suites d'un infarctus qui l'avait frappé mardi.
Au cours des années 60 et 70, Harry Beckett joua un rôle central sur la scène bouillonnante du jazz londonien. On le vit ainsi au sein du Ian Carr's Nucleus, du Brotherhood of Breath de Chris McGregor, du Dedication Orchestra, du London Jazz Composers Orchestra, de l'octet de John Surman, du big band et de l'octet de Stan Tracey, du Ninesense d'Elton Dean… En France, Didier Levallet eut souvent recours à ses services, notamment en 1997 et 98 lorsqu'il assura la direction de l'Orchestre National de Jazz. En 1993, Harry Beckett et Didier Levallet avaient enregistré "Images of Clarity", en trio avec le batteur Tony Marsh.
Mike Westbrook, dans l'orchestre duquel il brilla à de multiples reprises vient de déclarer : "Nous sommes terriblement désolés d'apprendre la mort d'Harry Beckett. Il s'agit d'une perte irréparable, tant sur le plan humain que musical. Il était l'un de nos plus grands et plus originaux trompettistes et un jazzman totalement accompli. Nous avons beaucoup travaillé ensemble dans les années 60 et au début des années 70, notamment dans mon orchestre. Son solo sur la dernière plage de l'album "Metropolis" est un must. Depuis, Kete, Chris Biscoe et moi-même l'avons souvent croisé ici où là, au cours de nos tournées. Ce fut à chaque fois un régal. Chris, a régulièrement joué à ses côtés dans des petites formations. Ils se sont même côtoyés durant deux ans au sein de l'Orchestre National de Jazz, en France. Il va terriblement nous manquer."
plus d'infos
> http://www.hwbeckett.pwp.blueyonder.co.uk/main.htm
> http://www.guardian.co.uk/music/2008/oct/31/harry-beckett-review
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Harry Beckett, mort, jazz à Londres
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40 ans de "JazzTimes"
Vendredi 23 Juillet 2010 07:00

Septembre 2010, le numéro des 40 ans
Le mensuel américain JazzTimes, célèbre ses quarante ans dans son numéro de septembre, sorti aujourd'hui. Au sommaire, des études approfondies sur trois disques majeurs de 1970 : Bitches Brew de Miles Davis (photo du Miles de l'époque en "une"), Mwandishi de Herbie Hancock et Red Clay de Freddie Hubbard. Exercice attendu, mais analyses parfaitement circonstanciées, dans la grande tradition de la critique américaine.
En apéritif, idéal pour les jeux de plages, on peut d'ores et déjà s'amuser d'un article que tout un chacun peut refaire à sa façon, intitulé "Les 40 choses liées au jazz que vous devez faire avant de mourir (ou avant que Keith Jarrett ne vous tue)". Le lien ci-dessous vous dévoile ce qu'a imaginé Lee Mergner, le directeur de la rédaction. Il en a lui même accompli 27 à ce jour. Pour ma part, je plafonne à 19… Les auditeurs de France Musique du début de cette semaine apprécieront la 22ème recommandation (soufflée par Arnaud Merlin ?) : "admirer le clair de lune derrière la scène de Jazz à Juan"…
Rappel : lors des tout récents JJA Jazz Awards 2010 (les prix décernés annuellement par la Jazz Journalists Association), c'est "JazzTimes" qui a reçu le prix de "meilleur magazine de jazz". Après une mini-crise économique qui l'avait vu suspendre quelques mois sa parution en 2009, voici de quoi redonner espoir à ceux qui croient encore en la viabilité de la presse écrite spécialisée dans le domaine du jazz.

Septembre 1997, un numéro polémique : les jazzmen sur-estimés, les sous-estimés

Décembre 2001, un dossier rare dans les magazines de jazz
plus d'infos
> http://jazztimes.com/articles/26311-the-jazz-bucket-list
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JazzTimes, septembre 2010, 40 ans
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Sonny Rollins et les surprises de ses 80 ans
Jeudi 22 Juillet 2010 08:00

L'affiche du concert du 10 septembre
Ce sera trois jours après son anniversaire. Sonny Rollins est né un 7 septembre 1930, mais c'est le vendredi 10 septembre prochain qu'il "reçoit" à New York, sur la scène du Beacon Theatre (sur Broadway, entre les 74ème et 75ème rues West).
Le concert s'annonce exceptionnel à plusieurs titres : ce sera la dernière apparition du saxophoniste aux États-Unis pour l'année 2010, puisqu'il partira ensuite pour trois dates au Japon en octobre et six en Europe (mais pas la France) en novembre ; par ailleurs, les trois musiciens invités ce soir-là sont tous sauf anodins : le guitariste Jim Hall, en mémoire de leurs chefs d'œuvre communs de 1962-64 ; le trompettiste Roy Hargrove, qui aura la lourde tâche d'assumer les héritages des trompettistes de haut vol qui se sont frottés à Rollins dans l'Histoire (Dizzy Gillespie, Miles Davis, Donald Byrd, Don Cherry, Kenny Dorham…) ; enfin, le contrebassiste Christian McBride qui devrait faire le poids (à tous les sens du terme) pour effacer le quasi-monopole de Bob Cranshaw aux côtés du ténor depuis près de… cinquante ans !
Christian McBride a déjà joué avec Rollins en septembre 2007, en trio avec le batteur Roy Haynes, pour le concert du Carnegie Hall qui marqua le 50ème anniversaire des débuts de Rollins sur cette scène.
Roy Hargrove, lui, avait 21 ans quand Sonny Rollins l'invita dans ce même Carnegie Hall en 1991 Carnegie Hall. "Sonny, c'est l'histoire personnifiée. L'histoire de la musique, tous genres confondus, avait confié à l'époque le jeune trompettiste au New York Times. Quelques mois plus tard, il allait participer à l'enregistrement de l'album "Here's to the People" du saxophoniste, dans lequel figure une composition originale de Rollins intitulée Young Roy.
C'est également lors de ce concert de 1991 au Carnegie Hall, que Sonny Rollins et Jim Hall se retrouvèrent, longtemps après la série des grands albums RCA (dont le célébrissime "The Bridge"). Et le 12 juin dernier, à Burlington, dans le Vermont, Jim Hall monta sur scène à la surprise générale pour interpréter deux morceaux au sein du groupe de Rollins… "Jim, c'est la classe absolue sur son instrument, devait confier le saxophoniste ; son jeu n'a jamais cessé de m'inspirer."
Il n'est pas impossible que d'autres invités - surprises, ceux-là - soient également de la fête. Depuis le début des années 70, c'est en général au Carnegie Hall que Rollins invite les "pointures" qu'il affectionne. Mais il y eut des exceptions, toujours à New York, au Town Hall ou au Beacon Theatre. À chaque fois ce furent des concerts à marquer d'une pierre blanche sur le calendrier de l'année. Au fil des ans, se sont ainsi succédés ou croisés Terence Blanchard, Dizzy Gillespie, Charles Mingus, Branford Marsalis, Tony Williams, Jim Hall, Grover Washington Jr., Roy Hargrove, Wynton Marsalis… En novembre 1995, au Beacon déjà, Sonny avait réuni Percy Heath, Walter Bishop Jr., Jackie McLean, Gil Coggins et Wallace Roney.
À chaque fois une page de la légende du jazz. Et surtout, un colossal bonheur.
plus d'infos
> http://www.beacontheatre.com/events/sonny-rollins-910.html
> http://www.sonnyrollins.com/
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Sonny Rollins, concert 80 ans, New York, 10 septembre
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Bourgogne : une étude qui s'exporte
Mercredi 21 Juillet 2010 09:00

"Les publics et les non-publics du jazz en Bourgogne" : le Centre régional du jazz en Bourgogne publie l'intégralité de l'Étude sur les publics et les non publics du jazz en Bourgogne réalisée par les sociologues Wenceslas Lizé et Olivier Roueff.
Après un an d'étude de terrain (portant sur 1900 personnes enquêtées), la publication des travaux, accompagnée d'une synthèse avait donné lieu à une Rencontre nationale sur les publics du jazz, organisée le 23 mars 2010 dernier à Dijon. Du coup, le CRJ Bourgogne publie également les Actes de cette journée de restitution de l'étude.
Ces trois documents (l'étude de 280 pages, la synthèse de 40 p. et les actes de la journée du 23 mars de 90 p.) peuvent être téléchargés gratuitement (ou obtenus par envoi postal) depuis le site du CRJ Bourgogne indiqué ci-dessous.
Selon Olivier Donnat, en charge du Département Études et Propectives du ministère de la Culture, il s'agit d'un travail sociologique de première importance par l'ampleur de l'échantillon consulté. La prise en compte de cette catégorie inédite de "non public habituel", est riche d'enseignements pour toutes celles et ceux qui sont en charge de la diffusion du jazz. Ce, aussi bien pour le spectacle vivant (clubs, salles ou festivals) que pour les médias - eux aussi inscrits dans l'économie réelle -, que pour les décideurs politiques.
Un superbe devoir de vacances…
plus d'infos
> http://www.crjbourgogne.org/se_documenter/etudes_colloques.htm
tags :
étude, sociologie, public, jazz, Bourgogne
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Moers 2010, le résumé de l'étape
Mardi 20 Juillet 2010 09:00

le quartet de Carlo Mombelli (de g. à dr., Justin Badenhorst, Carlo Mombelli, Siya Makuzeni, Marcus Wyatt)
En vingt-six minutes, à visionner gratuitement, un condensé inégal mais bouillonnant de l'édition 2010 du festival allemand qui se déroule tous les ans lors du week-end de la Pentecôte dans la ville de Moers, dans la Ruhr, tout à côté de Duisburg, an nord de Düsseldorf.
Créé en 1972, il fut longtemps la vitrine de l'avant-garde du jazz européen et américain. Tous les groupes de la loft generation new-yorkaise ou de l'AACM de Chicago y défilèrent au cours des années soixante-dix et c'est là que l'on découvrit les premiers pas européens de John Zorn en 1982. Cette dimension de découverte ne s'est jamais démentie, s'ouvrant depuis quelques années aux musiques du monde proches du jazz. À noter que le contrat de Reiner Michalke, le directeur artistique, vient d'être renouvelé pour 3 ans dans un contexte difficile de réduction des aides publiques.
L'édition 2010 faisait ainsi la part belle à plusieurs groupes d'Afrique du Sud, notamment les Prisoners of Strange de Carlo Monbelli qui nous avaient transportés dans une autre dimension à la Dynamo de Pantin en octobre dernier.
La compilation visible gratuitement sur le site du festival mêle extraits de concerts et quelques courtes interviews. Elle permet d'apercevoir notamment la rencontre en duo de Bill Frisell et Erve Henriksen, le Crime Scene Bergen Big Band avec Terje Rypdal et Palle Mikkelborg, la pianiste française Eve Risser dans Donkey Monkey, la chicagoane Matana Roberts, l'octet de Steve Lehman, le Chicago Tentet de Peter Brötzmann, le Shreefpunk du trompettiste Matthias Schriefl et plein de jeunes groupes allemands. Un vrai festival, sortant des sentiers battus de la consommation touristico-culturelle. Avec donc rattrapage à domicile pour les soirées pluvieuses de l'été…
plus d'infos
> http://www.moers-festival.de/multimedia/video.html?L=1
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Moers Festival 2010, video, best of
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Svend Asmussen, toujours sur la brèche
Lundi 19 Juillet 2010 09:00

Svend Asmussen © Shanachie Entertainment
Pour le Wall Street Journal, Will Friedwall a rencontré un jeune homme de 94 ans, le violoniste danois Svend Asmussen. Auteur l'an passé d'un "Makin' Whoopee! ... and Music!", Svend Asmussen témoigne d'un beau sens de l'humour et d'un swing intact. Contrairement à Stéphane Grappelli, de huit ans son ainé, le violon fut son premier instrument. C'est l'écoute de Joe Venuti qui le décida à opter pour le langage du jazz. Stuff Smith, l'autre grand violoniste américain du jazz d'avant-guerre, fut son influence principale. Svend Asmussen a joué avec Fats Waller, Benny Goodman, Duke Ellington, Lioenl Hampton… et aussi Stéphane Grappelli et Jean-Luc Ponty. Qui peut en dire autant qui soit encore de ce monde ?
Pour autant, il n'est pas le plus âgé des jazzmen en activité, puisque le mois dernier, on a pu voir Bill Tapiasur la scène du Dizzy's Club Coca Cola de New York? Authentique jazzman, Bill Tapia joue du ukulélé et a fêté ses… 102 ans !
plus d'infos
> http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703709804575202130905704248.html
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Svend Asmussen, Bill Tapia
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Harry Connick, Jr. triomphe à Broadway
Dimanche 18 Juillet 2010 08:00

© Andy Freeberg
Le décor : le Theatre District de Manhattan. Sur la 52ème Rue, presque à l'angle de Broadway, le Neil Simon Theatre. 1461 places, les mieux placées à 136,50$. L'action : deux semaines sur scène, du 15 au 29 juillet, pour un pianiste-chanteur-leader-arrangeur et ses musiciens de la Nouvelle Orléans. Le spectacle est intitulé Harry Connick Jr. in Concert on Broadway. Le personnage : Harry Connick Jr., occasionnellement acteur, assurément charmeur, terriblement showman. Il avait fait ses début à Broadway à 23 ans, en
1990, pour An Evening With Harry Connick Jr. and His Orchestra, mais c'est surtout en 2006 qu'il y séjourna pour une reprise de la comédie musicale The Pajama Game qui lui valut une première nomination aux Tony Awards. La seconde fut en tant que compositeur de la musique de Thou Shalt Not en 2001.
Des chansons de cette comédie musicale sont au programme d'une première partie de concert charmeuse, blagueuse, crooneuse, avec dix cordes en plus de l'orchestre habituel du pianiste, bien dans l'esprit de Broadway. C'est dans la seconde partie que Harry Connick, Jr. brûle les planches (presse new-yorkaise unanime), lorsque New Orleans passe au premier plan. Ouverture en piano honky-tonk sur Sweet Georgia Brown, attaque du clavier par la face Nord, percussions sur les pédales, jeu de batterie à mains nues sur le bois du piano, la furia est communicative et il enchaine sur une série endiablée. Le tromboniste Lucien Barbarin délivre en duo avec le leader un magnifique St. James Infirmary tout en miaulements et feulements, belle évocation de l'expressivité jungle de débuts du jazz. Les membres de l'orchestre sont successivement mis en valeur, notamment le saxophoniste Jerry Weldon, le bassiste Neal Caine et le batteur Arthur Latin. Mais c'est le trompettiste Mark Braud qui sur le final va mettre le théâtre en ébullition, avec une puissance à souffler la moindre toile d'araignée du plafond !
Il n'est pas exclu que la qualité du show et des arrangements, toujours signés du pianiste, se prolonge un peu, car la présentation du spectacle qui suit au Neil Simon Theatre - Love Never Dies, signé Andrew Lloyd Webber - a été retardée à plusieurs reprises. Laurent Valière doit ronger son frein, sur sa 42ème…
plus d'infos
> http://www.usatoday.com/life/music/news/2010-07-13-connick13_st_N.htm
> http://www.neilsimontheatre.com/index.php
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Harry Connick, Jr.
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Acoustic Bicycle Tour pour Taylor Ho Bynum
Samedi 17 Juillet 2010 08:00

© Rachel Bernsen
Là où le Tour de France célèbre le cornet de frites, celui de Nouvelle Angleterre illustre la détermination et la créativité du cornet à pistons…
En septembre, le cornettiste Taylor Ho Bynum installé à New Haven, va entreprendre une tournée inédite : en vélo, d'une ville-étape à l'autre à travers différents États de la Nouvelle Angleterre (Connecticut, Rhode Island, Massachusetts…). Il retrouvera dans chaque ville un groupe de musiciens locaux pour un concert unique. "L'envie de la lenteur face au rythme du music business", confie-t-il aux portes de Firehouse 12, le studio-label-club de New Haven dont il est l'un des associés. "La curiosité aussi de voir comment la musique vient après plusieurs heures de vélo chaque jour. Et puis ça m'oxygénera après les quelques semaines où je dois écrire le répertoire pour quartet d'une commande que vient de m'adresser l'institution publique Chamber Music America…"
Je ne serai pas étonné qu'il fasse étape à Middletown, là où réside et enseigne Anthony Braxton, son ancien professeur, dont il vient de fêter les 65 ans à New York le mois dernier.
plus d'infos
> http://www.improvisedcommunications.com/blog/2010/06/18/braxton-lpr-ipr/
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Taylor Ho Bynum, bicyclette,
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Myra Melford, une création sur Eduardo Galeano
Vendredi 16 Juillet 2010 08:00

Myra Melford et Taylor Ho Bynum à l'écoute du mixage © Alex Dutilh
La pianiste et compositrice Myra Melford a achevé avant-hier au studio Firehouse 12 de New Haven le mixage d'un nouveau projet associé la littérature. Elle avait donné un concert dans le même lieu, le 9 avril dernier, avec son quartet Happy Whistlings : Myra Melford, piano et mélodica ; Taylor Ho Bynum, cornet ; Mary Halvorson, guitare ; Stomu Takeishi, basse. Séance d'enregistrement à huis-clos l'après-midi et concert le soir,lui aussi mis en boîte.
Au programme, une suite consacrée au premier volet de la trilogie "Mémoire du feu" de l'écrivain urugayen Eduardo Galeano. "Je me suis inspirée de la construction très particulière de son ouvrage, en séquences courtes, qui aborde de manière très originales, à partir de mythes et de témoignages ancestraux, la lente et chaotique construction des deux Amériques", explique-t-elle entre deux réécoutes des douze pièces de sa suite. C'est l'enregistrement d'avant-concert qu'elle vient de mixer en trois jours.
Douze pièces comme douze nouvelles, développant chacune une narration et une atmosphère très forte. Climats, couleurs, textures sont au centre de son projet de correspondance, d'écho, entre littérature et musique. Le quartet s'éclate en duos, solos ou trios, le piano de Myra servant souvent de phare harmonique, d'étoile polaire mélodique, sur des matières sonores d'une délicatesse extrême. C'est que Taylor Ho Bynum excelle dans les pianissimos murmurés. De son côté Mary Halverson est dans un commentaire sans cesse suggestif, bruissant, empli de micro-propositions. Idem pour Stomu Takeishi, basse électrique dans une tendance "Steve Swallow expérimental". Chacun sait s'effacer devant l'exigence d'un climat et d'une écriture qui évoque par instants les découpes rythmiques de Braxton, à d'autres moments la sensualité brumeuse du Miles Davis de Nem Um Talvez, dans l'album "Live Evil" ; et le plus souvent l'univers foncièrement poétique de Myra Melford depuis… 30 ans !
L'ex-disciple de Don Pullen et Henry Threadgill est passée maître dans l'art d'architecturer la musique en volumes, dans la manière de faire surgir l'écriture de l'improvisation comme par miracle. Je sors envoûté de l'écoute du mixage quasi terminé et que trouve-t-elle à dire ? "Je crois que je vais me servir de cette bande pour prospecter des concerts et probablement pour en mettre une partie en écoute libre sur mon site. Pour un album, j'ai envie d'attendre encore un peu. Pour prendre la patine de quelques concerts de plus et pour penser à développer quelques passages. C'est encore un peu vert." Patientons donc, face à une exigence artistique inflexible. À moins qu'un programmateur français veuille bien se laisser convaincre par une copie de son "dessin préparatoire". Le Musée du Quai Branly à Paris, qui vient d'annoncer une splendide série de rendez-vous avec le jazz américain "créatif", serait tout indiqué…
Nick Lloyd, l'ingénieur du son et patron de Firehouse 12 sourit : "En attendant, ma prochaine sortie, est fixée au 5 octobre. Ce sera "Saturn Sings", un album du quintet de Mary Halvorson." Tout cela a des airs de famille musicale… Taylor Ho Bynum, lui, rappelle que New Haven et sa région ont une longue tradition de présence du jazz contemporain : "Juste après la Loft Generation new-yorkaise du milieu des années soixante-dix, Leo Smith, Anthony Davis, Jay Hoggard, Mark Helias, Gerry Hemingway, George Lewis, etc. sont venus s'installer ici, à 1h30 de train de New York. Comme à cette époque, la vie est beaucoup moins chère ici qu'à Manhattan ou Brooklyn. De toute manière, c'est en Europe que nous gagnons notre vie, pas dans les clubs new-yorkais à 50 dollars le gig…". Je lui rappelle cette réflexion de son maître Anthony Braxton, lorsqu'il vivait à la Cité des Arts à Paris en 1972 : "Sur le plan créatif, la musique ne se porte jamais mieux qu'en période de crise !" La journée que je viens de vivre avec la musique de Myra Melford semble lui donner une fois de plus raison.
plus d'infos
> http://firehouse12.com/events.asp?id=80414
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Myra Melford, Firehouse 12, Memory of Fire, Taylor Ho Bynum
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Fin de partie pour le Vienna Art Orchestra
Jeudi 15 Juillet 2010 09:00

Matthias Rüegg dirigeant le V.A.O. © Katsey
Sous le titre Game Over, Matthias Rüegg vient de publier une déclaration indiquant que le concert donné vendredi 9 juillet par son Vienna Art Orchestra au Musikforum de Viktring, en Autriche, était le dernier !
Le sous-financement chronique de l'orchestre, depuis trois ans (200 000 euros en moins par an du fait de la défection du sponsor principal), l'avait sérieusement inquiété dans un premier temps ; le refus de la Ville de Vienne de compenser cette perte et la situation économique des pays voisins ont aggravé la situation. Le grand orchestre (couteux par définition) est en effet moins demandé aujourd'hui en Allemagne, France, Italie et Espagne.
Sans amertume, Matthias Rüegg se déclare simplement heureux de 33 ans d'excellence au plus haut niveau et remercie la fidélité de tous ceux qui y ont contribué : le public, les pouvoirs publics, les sponsors, les journalistes, et avant tout les musiciens qui ont fait partie de l'aventure avec lui.
Se déclarant désolé de mettre un terme à l'histoire au moment où son orchestre actuel et leur art, il choisit de ne voir la réalité économique en face et conclut en citant Janis Joplin : "Freedom is just another word for nothing left to lose".
Il nous reste une discographie brillantissime pour réaliser à quel point le "Vienna" a marqué l'histoire contemporaine du big band de jazz. Mes trois "incunables" : "3", de 2007, pour le voyage dans le temps ; "Art & Fun" de 2002, pour la fièvre créative ; et "The Original Charts" de 1994 pour l'exceptionnel talent de direction musicale et d'arrangement de Matthias Rüegg. Chapeau l'artiste !
plus d'infos
> http://www.vao.at/v2/display.php?id=332
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Vienna Art Orchestra, Matthias Rüegg, arrêt de l'orchestre
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Victoires du Jazz 2010 : le palmarès
Mercredi 14 Juillet 2010 14:41

la Pinède Gould de Juan-les-Pins © Yannick Seuret
Hier soir 13 juillet, en pré-ouverture du 50ème festival de Juan-les-Pins, les Victoires de Jazz 2010 ont été décernées :
• Artiste ou formation vocale de production française : Élise Caron
• Artiste ou formation instrumentale : Médéric Collignon « Jus de Bocse »
• Révélation instrumentale : Ibrahim Maalouf
• Album international de production française : Ballaké Sissoko et Vincent Segal
• Album instrumental : Andy Emler MegaOctet
• une victoire d'honneur a également été remise à George Benson, invité de dernière minute du parrain de la cérémonie, Marcus Miller.
Présentées par Isabelle Giordano et Sébastien Vidal les Victoires du Jazz seront retransmises en différé le 19 juillet à 22h sur France Inter (présentation Elsa Boublil) et le 20 juillet à 22h45 sur France 3. En plus des prestations des nominés, on pourra y entendre Chucho Valdés, Joshua Redman, Christian Escoudé pour un hommage à Django Reinhardt, les Soul Rebels pour célébrer la mémoire de Sidney Bechet, le duo La Velle et Rhoda Scott, le Spokfrevo Orchestra et bien sûr Marcus Miller et George Benson.
plus d'infos
> http://www.lesvictoires.com/jazz/edition-2010.htm
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Jazz à Juan, Victoires du Jazz 2010, Palmarès
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Santana et la main de la batteuse
Mercredi 14 Juillet 2010 08:00

Carlos Santana, Cindy Blackman © DR
Santana toujours sur la route, mais désormais la main dans la main avec celle de Cindy Blackman !
L'agence Associated Press vient de révéler une anecdote peu commune dans la longue histoire des festivals d'été : vendredi dernier, le guitar hero Carlos Santana a demandé Cindy Blackman en mariage sur la scène du Tinley Park de la banlieue de Chicago après un solo de batterie de sa dulcinée sur Corazon espinado. La demande fut formulée dans les quatre chansons qui suivirent. Lorsque la disciple de Tony Williams lui a répondu oui, ils ont scellé la promesse par un baiser fougueux sur scène. Foule en délire…
Santana s'était séparé de sa première épouse Deborah en 2007 après 37 ans de mariage. Après le concert, le guitariste a déclaré que sa rencontre avec la brillante batteuse (Cassandra Wilson, Lenny Kravitz, Ron Carter, Pharoah Sanders…) "est un don de l'univers". On serait encore plus étonné s'il faisait désormais de l'eau fraîche sa boisson préférée…
plus d'infos
> http://www.santana.com/News/Default.aspx?Action=GetDetails&NewsID=913
> http://www.myspace.com/cindyblackmanmusic
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Santana, Cindy Blackman, demande en mariage
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Yaron Herman : "suivez le lapin blanc"
Mardi 13 Juillet 2010 08:00

Le Chateau de Chillon © DR
Samedi 9 juillet, Yaron Herman donnait un concert de piano solo doublement singulier dans le cadre du Montreux Jazz Festival. Singulier d'abord pour le recours, comme prétexte à ses improvisations, à des œuvres pour piano composées par Ravel quand il résidait à Montreux : Ma mère l'Oye, Prélude, Forlane… Une série d'évocations, de variations, des fondus-enchainés sur les thèmes qui, selon nos espions dans la place, ont déclenché l'enthousiasme du public. Singulier ensuite, car le cadre du concert n'était autre que le sublime Château de Chillon, (à quelques kilomètres à l'Est de Montreux, sur la rive Nord du Léman), celui-là même qui est en couverture de l'album de Bill Evans, "Live in Montreux")...
Par ailleurs, Yaron vient de terminer l'enregistrement de l'album "Follow the White Rabbit", inaugurant ainsi son contrat avec le label allemand ACT. La sortie est annoncée pour le 24 Octobre. Il est accompagné par Chris Tordini (contrebasse) et Tommy Crane (drums), son nouveau trio, avec lequel il avait tourné au Canada au printemps dernier. L'album a été enregistré à Leipzig au Studio FWL par l'ingénieur du son Ake Linton (qui a notamment collaboré avec E.S.T). Au programme des prises en trio, évidemment, mais aussi en solo.
Cet été, Yaron Herman se produira à La Roque d'Anthéron (en trio le 29 Juillet et en solo le 22 Aout), à Marciac (le 30 Juillet en ouverture de Diana Krall), au Sunside à Paris les 31 juillet et 1er août et dans de nombreux autres festivals en Europe. La saga du "White Rabbit" ne fait que commencer…

Tommy Crane, Yaron Herman, Chris Tordini (de g. à dr.) © Arme Reimer
plus d'infos
> http://www.montreuxjazz.com/2010/fr/program10/paying
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Yaron Herman, Montreux, Trio, ACT Music
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Archie Shepp et Marc Ribot en direct ce soir sur Arte Live Web
Lundi 12 Juillet 2010 03:46

Archie Shepp en 2008 au festival d'Ischia © Gianni Montanaro
Ce lundi 12 juillet, en direct sur Arte Live Web à 21h15, la rencontre inédite du guitariste emblématique de la scène downtown new-yorkaise, Marc Ribot, avec le plus parisien des saxophonistes américains, Archie Shepp. Ils seront filmés par Frank Cassenti sur la scène du Festival de Jazz de Porquerolles.
Sur le même site, on peut revoir, superbement filmées par le même réalisateur, les prestations du trio DAG avec Sophia Domancich, Triphase de Anne Pacéo et le New Trio de Géraldine Laurent. Toutes trois filmées au Parc Floral du Bois de Vincennes il y a quelques jours, dans le cadre du Festival de Jazz de Paris. Si ça continue, on va passer la canicule au frais devant son ordinateur…
plus d'infos
> http://liveweb.arte.tv/fr/video/Archie_Shepp_et_Marc_Ribot_au_festival_Jazz_a_Porquerolles/
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Archie Shepp, Marc Ribot, Festival de Porquerolles, Video, Arte Live Web
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Sueurs froides plein sud
Samedi 10 Juillet 2010 09:00

Le studio d'enregistrement de Gérard de Haro est devenu mythique dans le jazz de ces quinze dernières années. La Buissonne : Carla Bley, Mina Agossi, Louis Sclavis, Manu Katché, Daniel Mille, Daniel Humair, Martial Solal, Gary Peacock, Bill Stewart, Bill Carrothers, Paul Motian, Julien Lourau, Marine Bercot, Charlie Haden, Paul Bley, Steve Swallow ont enregistré là-bas. Et le pianiste Stephan Oliva, qui y retourne en solo vendredi prochain, le 16 juillet, pour un concert gratuit à 20h30 consacré aux musiques de films noirs : il suffit d'amener de quoi pique-niquer convivialement. Acoustique et piano sublimes, le "pop" des bouchons de champagne pourrait bien se confondre avec le bruit des silencieux au canon des armes à feu…
Le village de Pernes-les-Fontaines, où se trouve le studio est à quelques kilomètres au sud de Carpentras, dans le Vaucluse.
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La Buissonne, Stephan Oliva, concert gratuit
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Le bas de laine de Frank Foster
Vendredi 9 Juillet 2010 09:00

Frank Foster
Un happy ending après 55 ans de non perception de droits d'auteur. C'est ce qui vient d'arriver au saxophoniste Frank Foster au sujet de sa composition la plus célèbre, Shiny Stockings, qu'il avait écrite en 1955 pour le big band de Count Basie. L'un des standards les plus universellement joués de l'histoire du jazz… Pour ne pas avoir déposé le titre à l'époque, il n'avait jamais touché un centime de royalties!
C'est une série d'émissions de la radio publique américaine NPR, consacrées par Felix Contreras en 2005 à la situation précaire de quelques jazzmen âgés qui déclencha l'émotion d'étudiants en droit de la Rutgers University de Newark. Ceux-ci s'emparèrent de la question des droits d'auteur de Frank Foster comme d'un cas pratique et viennent d'obtenir satisfaction. Le jugement va permettre au saxophoniste de récupérer 55 ans d'arriérés. D'autant plus bienvenu que Frank Foster avait dû mettre un terme à sa carrière en 2001 à la suite d'un infarctus et qu'il se trouvait depuis sans ressources.
plus d'infos
> http://www.youtube.com/watch?v=cb2N1UkF4Os&feature=related
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Frank Foster, Shiny Stockings
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Expo "We Want Miles", version Montréal
Jeudi 8 Juillet 2010 09:00

Miles Davis à Montréal en 1983
Jusqu'au 29 août, l'exposition initialement présentée au Musée de la Musique à Paris est présentée au Musée des beaux-arts de Montréal.Grosse affluence durant le festival. On y croisait toutes les générations de visiteurs, y compris ceux qui n'étaient pas nés lors de la disparition de Miles Davis…
La scénographie a été aménagée (pas d'écoute individuelle au casque, par exemple), en gardant l'intégralité des séquences imaginées par Vincent Bessières, le commissaire de l'exposition. Notamment les "sourdines" où l'on peut écouter confortablement quelques unes des œuvres phares.
Il faut surtout noter l'ajout d'une petite salle consacrée à "Miles à Montréal". Ou plutôt à ses passages liés au Festival International de Jazz de Montréal. Rien donc sur les séjours de Miles dans la ville avant 1979. Mais des documents (affiches, photos, plaquettes de programme) liés à ses concerts de 1982, 1983 (deux extraits figurent sur l'album "Decoy"), 1985 (un large extrait en vidéo) et 1988 (avec l'original de l'autoportrait dessiné par Miles et qui servit d'affiche au festival de cette année-là). En prime une affiche avec une fausse coquille, dévoilée par la légende qui l'accompagne : celle du dernier passage de Miles à Montréal, pour trois soirs consécutifs, au club Spectrum, dirigé par l'équipe du festival. L'affiche indique "8-9-10 décembre 1989", mais les concerts durent être reportés et la vraie dernière apparition de Miles à Montréal eut lieu deux mois plus tard, en février 1990, dans ce même club démoli l'an passé.
plus d'infos
> http://www.mbam.qc.ca/milesdavis/fr/index.html
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Miles Davis, exposition, Montréal
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Dave Brubeck honoré à Montréal
Mercredi 7 Juillet 2010 15:09

Dave Brubeck recevant le Prix Miles-Davis des mains d'Alain Simard © Denis Alix
Lundi 5 juillet, avant son treizième concert au Festival International de Jazz de Montréal, Dave Brubeck s'est vu remettre le Prix Miles-Davis, décerné chaque année à un artiste pour l'ensemble de sa carrière. Le sien a été déclaré Prix Miles-Davis "hors-série". Après avoir écouté l'éloge d'Alain Simard, président et fondateur du festival, Dave Brubeck, 90 ans en décembre prochain, a rappelé l'admiration réciproque qui le liait à Miles. Puis il s'est prêté au jeu des questions des journalistes présents en livrant au passage des anecdotes savoureuses.
À celui qui évoquait ses expériences de rapprochement du jazz et de la musique classique, parfois contestées, il rappela la remarque de Charles Mingus : "Si vous vous demandez si Brubeck est un jazzman, regardez les spectateurs de ses concerts et particulièrement leurs pieds : il n'y a pas le moindre doute, ce gars-là swingue vraiment !"
Une ombre passage sur son visage, au moment où on lui demandait comment il faisait pour que l'envie de musique soit intacte en lui. Il montra ses mains et les effets de l'arthrose et de l'âge en soupirant : "lorsque je manque une note ou que je sens une douleur jusqu'à l'os en plaquant un accord, il me tarde d'être au concert suivant pour mieux faire…"
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Dave Brubeck, Prix Miles Davis 2010, Montréal
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Berluck - 07/07/2010 21h29
Mince, je n'avais pas fait attention qu'il était déjà nonagénaire. On devrait associer à titre posthume Paul Desmond, mon saxophoniste préféré.
Montréal 2010 (6) : « Hier tu as dit aujourd’hui… »
Mardi 6 Juillet 2010 08:40

Christian Scott © Devin-DeHaven
Une dernière soirée en « effet Ripolin » : hier version aujourd’hui et aujourd’hui version demain…
En apéritif, le début du concert de la chanteuse suisse Sophie Hunger à l’Astral. « Mon premier concert dans un autre continent », confiait-elle émue après un premier titre gonflé, en allemand, a capella. Ostensiblement pop dans l’écriture des chansons, une Susanne Vega réactualisée. Séduction d’un timbre superbe et d’une présence forte qui représente son côté le plus jazz : une manière d’être sur scène sans affect, sans pose, juste pour la musique.
Dans la foulée, le concert « Bright Mississippi » du pianiste Allen Toussaint avec l’essentiel de l’équipe de son chef d’œuvre d’album : Nicholas Payton (trompette), Don Byron (clarinette et sax ténor), Marc Ribot (guitare acoustique), David Piltch (contrebasse) et Herman Lebeaux (batterie). Un événement, car le projet de relecture de quelques grands classiques liées à La Nouvelle Orléans a été conçu spécifiquement pour le disque avec un casting dont les agendas sont difficilement compatibles en période festivalière. Mais le miracle a eu lieu à Montréal… Même répertoire que sur l’album avec l’étonnement d’entendre un Don Byron fragile à la clarinette (lorsqu’il veut jouer au-dessus de ses moyens) et d’une sobriété emballante au ténor. La rythmique joue le classicisme louisianais, contrebasse splendidement boisée marquant les quatre temps et batterie au rebond caractéristique du style local. De grands moments signés Nicholas Payton, avec une palette de nuances sur la trompette, dans les pianissimos notamment, à faire pâlir la plupart de ses confrères et une version sur le fil du rasoir de Solitude où Allen Toussaint dialoguait avec un Marc Ribot exposant le thème par bribes, deux notes par ci, trois à deviner, deux autres par là… Captivant et terriblement musical. Le pianiste et leader avait choisi d’éclater son sextet en quartets, quintet ou même piano solo, pour ménager des changements de couleurs dans la relecture des classiques de Bechet, Ellington, King Oliver ou Jelly Roll Morton. Pas la moindre nostalgie, pas la moindre poussière passéiste (pas de risque avec Ribot, Byron ou Payton), mais une vision d’aujourd’hui, amoureuse, du patrimoine du jazz né à New Orleans. Avec comme sur l’album des arrangements très personnels d’un maître plus que légitime de la musique populaire afro-américaine.
Cent cinquante mètres pour se ruer à la salle du Gesù pour rejoindre le concert du quintet de Christian Scott qui vient tout juste de commencer. Christian Scott est « LE » trompettiste dont on parle. Pas encore trente ans et une fureur de jouer qui évoque les vertes années de Dizzy Gillespie, de Freddie Hubbard ou de Wynton Marsalis pour reprendre trois exemples à vingt ans d’écart les uns des autres. Même génération autour du trompettiste : Matthew Stevens (guitare), Milton Fletcher (piano), Kriss Funn (contrebasse, vu avec Kenny Garrett) et Jamire Williams (batterie, vu avec Jacky Terrasson). Soit le groupe de son récent album « Yesterday You Said Tomorrow ». Lorsqu’on pousse la porte de la salle, une impression de volcan en fusion. Un quintet rassemblé sur un espace réduit, soudé, un bloc décollant à la verticale. Des tempos inhumains, une section rythmique à monter les cols des Alpes à l’allure où on les descend habituellement. Ils sont cinq à jouer comme si leur vie en dépendait. Une furia collective qui se mue en dentelle collective sur la ballade qui suit avec la sourdine sur la trompette. Curieusement, l’humour de la présentation circonstanciée des musiciens par le leader (il explique comment il a rencontré chacun) va casser la dynamique. Et la deuxième moitié du concert baissera (relativement) d’intensité. Mais il faut dire qu’on avait explosé toutes les limites auparavant… Dévastateur. Seul passage en France, à Nice le 21 juillet : vaut le voyage !
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Yves-Giuseppe - 10/07/2010 09h09
Cette trompette... elle nous rappelle bien celle d'un certain Dizzy!
Montréal 2010 (5) : du piano et des jeux
Lundi 5 Juillet 2010 17:12

Joey Baron © Victor Diaz Lamich
Le choix d’enchainer trois pianistes, ce 4 juillet, va se transformer en une série de trois « à côtés » du piano. Parce que ni Allen Toussaint, ni Bugge Wesseltoft, ni Steve Kuhn ne vont se contenter du seul clavier. Piano-voix pour le premier, piano-électronique pour le second, piano-contrebasse-batterie pour le troisième. Soit deux « classiques » et un explorateur.
Entame avec le premier volet d’une trilogie annoncée pour la statue vivante de New Orleans Allen Toussaint. Il présentera également sur scène « Bright Mississippi » (cf. le blog de demain) et clôturera le festival en participant à une parade néo orléanaise dans les rues de Montréal mardi soir. Pour l’instant, versant intime et solitaire au Gesù. Entre le pianiste héritier d’une tradition entamée à l’âge du ragtime et le songwriter légendaire d’un demi-siècle de rhythm’n’blues, c’est ce dernier costume qu’il a choisi d’endosser ce soir, avec une main gauche à faire trembler les sections rhytmiques. Chevelure argentée, costard bleu ciel, œil malicieux pour évoquer le succès de ses chansons auprès des girls de la communauté afro-américaine, Allen Toussaint raconte et chante. Comment telle chanson a été écrite pour une pub de chocolat , comment il a écrit une collection de hits pour l’écossais Frankie Miller, pour les anglais John Mayall, Ringo Starr ou The Yardbirds, aussi bien que pour Elvis Costello et surtout le Panthéon du r’n’b : Irma Thomas, les Neville Brothers, Lee Dorsey, Otis Redding, Solomon Burke, Willy DeVille. Il enfile les chansons, rappelle une anecdote et on est chez grand papa (il a 72 ans) égrenant ses souvenirs d’une vie bénie par les dieux de la musique : Working in the Coalmine, Ride Your Pony, Fortune Teller, Get Out Of My Life Woman, Southern Nights, Everything I Do Gonna Be Funky, I'll Take a Melody, Mother-in-Law s’emboitent ainsi pour livrer au bout d’une heure un « best of » drôle et vivant de 50 ans de carrière dont on sort sous le charme.
Dans l’intimité (150 places) du décor idéal de la Chapelle Historique du Bon-Pasteur (on se croirait dans un endroit caché d’Oslo), Bugge Wesseltoft va annoncer la couleur devant un Fazioli qui lui tend les bras : « je suis un amoureux fou du son de ce piano, mais vous me connaissez, j’adore aussi les gadgets électroniques, alors on va partir à l’aventure… ». Une heure et demie plus tard, on avait traversé des paysages inouïs, entendu des mélodies dépouillées de tout artifice, des réminiscences d’Abdullah Ibrahim dans les ostinatos rythmiques, de Terry Riley dans les boucles répétitives. La ligne claire du pianiste norvégien, c’est la quête de la transe. Ce qui en fait un émule indirect de Jarrett, mais c’est à Dave Brubeck qu’il rendait hommage avant le rappel, par une version de Take Five époustouflante de prise de risque et d’invention. Reprise d’une ligne de piano acoustique sur l’ordinateur, restitution en boucle, rajout d’une bribe de basse ou de percussion enregistrée sous nos yeux au micro, nouvelle boucle installée, et une fois le cadre musical posé, retour au piano pour surfer sur la crête d’une vague créée par lui-même : Bugge Wesseltoft nous invitait dans la cuisine ! Le genre de concert qui vous embarque à des années lumière de votre siège, qui s’écoute bouche bée parce que l’on suit le musicien comme on est attaché dans une cordée en montagne. Au bord du vertige, ça passe à chaque fois. Un vrai concert de jazz qui cherche, hésite, trouve et emporte. On a eu peur, on a ri, on a été ému, surpris… Et au final totalement conquis.
La fin de soirée au au Gesù, Steve Kuhn, avec David Finck (contrebasse) et Joey Baron (batterie), est programmée dans la foulée de l’album « Mostly Coltrane » que le pianiste américain a consacré à son éphémère leader du début des sixties. Manifestement, la page est tournée, car c’est un tout autre répertoire qu’il présente : des standards (If I Were A Bell, Stella By Starlight), des compositions de jazzmen (Confirmation de Charlie Parker ou Blue Bossa de Kenny Dorham, le premier employeur du pianiste à ses débuts) et des originaux (Two By Two, Oceans in the Sky, Slow Hot Wind). Sous la formulation hyper classique du trio (solos à tour de rôle, échanges de 4/4…), une complicité particulière entre Steve Kuhn et Joey Baron illumine la musique. Mais qui résisterait à la banane communicative du batteur ? Comme lors de la soirée du Masada Marathon, c’est l’art des nuances qui sidère chez Baron. L’élégance du toucher de piano l’inclinant à privilégier la sobriété, on a eu droit à une leçon de batterie moderne, toute en précision et imagination, humour et délicatesse en prime. Le phrasé naturellement enjoué de Steve Kuhn s’en trouvait amplifié. Le genre de concert tardif dont on sort ragaillardi et insomniaque !
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Festival Jazz Montréal 2010, Bugge Wesseltoft, Allen Toussaint, Steve Kuhn, Joey Baron
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Montréal 2010 (4) : le brouillon, le scénario et le film
Dimanche 4 Juillet 2010 14:43

Tomasz Stanko © Jean-F Leblanc
Déception pour le dernier concert de la série de Robert Glasper au Gesù. Annoncé comme une rencontre avec Bilal, ce sera essentiellement son quartet (Casey Benjamin, sax alto et soprano ; Vicente Archer, contrebasse et Kendrick Scott, batterie). Un sax décoratif et un dilettantisme du trio qui n’était pas de mise la veille ont confiné le concert dans la superficialité. Et lorsque Bilal est apparu pour interpréter In A Sentimental Mood, on a cru entendre Jimmy Scott dans ses passages fréquents à la voix de tête. Anecdotique. Mais au-delà, un vrai malentendu de programmation : la rencontre avec Bilal n’aura été que suggérée, pas accomplie.
Le trio Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack DeJohnette occupait ensuite la grande scène de la Salle Wilfrid-Pelletier. Première partie sage, piano plutôt enjoué, un bebop venu en droite ligne de Bud Powell, avec une version bien enlevée de Autumn Leaves, mais sans la folie hallucinée de la version du « Still Live » de 1986. Il faudra attendre la seconde partie pour que la musique décolle vraiment. Entame avec un classique des classiques, All The Things You Are, histoire de se donner le maximum de handicap pour explorer des voies nouvelles. Pari réussi, les tours et détours finissent par s’avérer splendides atours. La ballade qui suit nous ramène sur la sérénité du Jarrett de « Jasmine » : curieusement c’est là que Gary Peacock plonge dans le grave de l’instrument et l’économie de notes comme s’il était Charlie Haden et que Jack DeJohnette alternes bruissements et chuintements aux balais à la manière du climatologue Paul Motian. Keith Jarrett doit replonger quarante ans en arrière, le sens de l’épure en plus pour ciseler des phrases dont pas un silence n’est omis. Grand art. Deux autres standards, avec un fantastique solo polyrythmique de DeJohnette et puis s’en vont. Jarrett viendra expliquer : des flashes ont surgi pendant qu’ils jouaient, alors que tout le monde avait été averti. Punition collective, pas de rappel. La légende continue…
Final du jour en musique de nuit. En trente secondes on a perçu qu'il y a un son de groupe, des compositions splendides et un feeling intense. Des pourpres se profilant sur le bleu sombre : la musique très atmosphérique du quintet de Tomasz Stanko. Celui-là même qui nous a donné cette année un album sublime, noir et palpitant, « Dark Eyes ». Même casting de bambins surdoués : Jakob Bro (guitare), Aleksi Tuomarila (piano), Anders Christensen (basse électrique) et Olavi Louhivuori (batterie) pour entourer la trompette de Stanko, qu’il aborde comme un bugle, en notes tenues et espacées, privilégiant le registre grave. Quatre nouvelles compositions au passage, qui se trouveront dans un futur album qu’ils viennent d’enregistrer live dans un club new-yorkais. Avec son galurin de croque-mort – costume assorti -, Tomasz Stanko plante un personnage de cinéma. Ses compositions sont autant de scènes chargées d’une tension qui sourd, avec des ostinatos de basse et de guitare derrière un piano qui piaffe, ou des solos de guitare qui peignent un décor lointain sous des halos de brume. Jakob Bro confirme tout le bien qu'on pensait de lui sur disque : sa guitare dessine des paysages, raconte des histoires, embarque dans le même monde onirique que celui de son leader. Comme un cousin danois de Bill Frisell, sans la nostalgie. Accueil triomphal d’un public montréalais qui découvrait ébahi l'imaginaire de Stanko. Un pur joyau qui illuminerait nombre de festivals hexagonaux.
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Festival Jazz Montréal 2010, Robert Glasper, Bilal, Keith Jarrett, Tomasz Stanko, Jakob Bro
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Montréal 2010 (3) : des rires, du sang et des larmes
Samedi 3 Juillet 2010 18:59

Herlin Riley, Ahmad Jamal & James Cammack © Denis Alix
Effet du soleil (doux) revenu ? Ce vendredi 2 juillet, l’esprit allait être malicieux. Entrée en matière avec le second des trois concerts « carte blanche » confiés au pianiste Robert Glasper. 32 ans et la promesse d’un avenir durable. La veille, il avait entamé la série avec son trio, cette fois, c’est un duo avec le trompettiste Terence Blanchard qui est annoncé au Gesù (425 places). Ouverture en piano solo pour annoncer la couleur : sous les doigts de Robert Glasper, le Trust Me de Herbie Hancock est un moment d’émotion intérieure nue, de pur feeling. Une approche du piano dégagée de la primauté rythmique aujourd’hui majoritaire. Glasper se souvient plutôt du lyrisme et de la vivacité d’invention de Herbie Hancock des sixties. Impression confirmée quand Terence Blanchard le rejoint. Ils ont collaboré avant que le pianiste ait démarré sa carrière de leader en 2004. Une composition de Freddie Hubbard, un peu plus tard Autumn Leaves, et une évidence : ces deux-là se parlent en musique, plaisantent, se tendent des pièges, des citations. Interruption de la phrase pour éclater de rire, pour un mot lancé à travers la scène. Éclats de rire, la musique redevenue un jeu, une joute amicale, un lieu de plaisir. Impression confirmée quand Vicente Archer (contrebasse) et Kendrick Scott (batterie), les deux membres du trio de Glasper rejoignent les deux complices sur scène : les facéties se le batteur en profite pour étaler une fois de plus sa capacité à illuminer la musique par des détails. L’art de l’insouciance.
Contraste saisissant pour la bataille d’Hernani déclenchée ensuite par le trio Laurie Anderson, Lou Reed et John Zorn dans une Salle Wilfrid-Pelletier bourrée jusqu’à la gueule (2960 places). Pour la première fois en une douzaine de visites au festival montréalais, j’allais assister à une énorme bronca (même si ceux qui savaient à quoi s’attendre applaudissaient vigoureusement). Un malentendu de fond : programmer ce trio d’avant-garde wild side dans la salle où le grand public vient plutôt consommer des stars bien repérées (Sonny Rollins, George Benson ou Keith Jarrett par exemple) était manifestement une erreur. Une salle « debout », moins bcbg, plus marquée par le rock, aurait mieux convenu. Parce que côté musique, pas de surprise pour celles et ceux qui connaissent l’album enregistré live au minuscule The Stone, le club new-yorkais de Zorn. Imaginez la rencontre du Ornette Coleman déjanté de « Chappaqua Suite » avec un John Cage sous champignons hallucinogènes et un Phil Glass poussant le volume à fond… Ou tout simplement le versant hardcore de John Zorn (celui du groupe Painkiller) combiné à l’esprit Velvet Underground et au goût de l’expérimentation de Laurie Anderson. Vous obtenez une musique de l’extrême, violente, un équivalent musical de la peinture de Soutine, sanguinolent et déformé. Une violence ici et là apaisée par un trait de la violoniste, mais trop globalement punk (« si vous n’aimez pas ça, foutez donc le camp! » allait balancer John Zorn à la première bronca) pour ne pas heurter les attentes (injustifiées) d’un « bon moment à passer ». La nouvelle allait tomber dans la soirée : le festival remboursera les billets des spectateurs mécontents. Drôle de décision… Pourquoi pas souscrire une assurance avant de se rendre au concert, tant qu’on y est ? L’art ne serait plus une aventure mais une certitude ?
Pour se remettre, le concert-anniversaire d’un Ahmad Jamal au sommet de son art, au Théâtre Maisonneuve, avec James Cammack (b), Herlin Riley (dms) et Manolo Badrena (perc). 80 ans, fêtés à son entrée en scène par les 1500 spectateurs à gorge déployée. Des compositions de ses derniers albums « It’s Magic » et « Quiet Time » (dont en début de concert , Wild is the Wind et Flight to Russia), quelques classiques attendus et surtout une leçon de direction d’orchestre. Ahmad au piano comme une demi de mêlée distribue le jeu au rugby, entrainant son paquet d’avants avec lui comme un seul homme ou envoyant le ballon à sa ligne de trois-quarts pour une percée plein champ. Il cherche moins à briller qu’à faire briller les autres et mieux encore à faire briller le jeu, l’idée de fulgurance, de jeu collectif. Ce jazz-là est d’une vivacité folle, toujours en rebond, en zigzags, en jubilation. 80 printemps ? C’est « printemps », le mot déterminant…
Dans l’écrin idéal de la 5ème Salle, sous la Place des Arts, Sylvain Luc donnait un concert de guitare solo qui allait prolonger la dimension ludique de la musique de Jamal. Le Salon de la Guitare ayant lieu parallèlement au festival, dans les mêmes espaces, la salle était évidemment remplie de connaisseurs. Sylvain Luc allait époustoufler par sa puissance rythmique - une manière unique d’être bassiste et guitariste simultanément sur le même manche – et par son extrême musicalité pour emporter n’importe quelle bluette (Dodo, l’enfant do…) sur les pentes d’un développement musical aussi imprévisible que passionnant. Et pour l’anecdote, les trois guitares sur lesquelles il alternait, jouaient « à domicile », puisque son luthier, Robert Godin, est québécois ! Final joyeux avec Richard Bona en invité surprise : la fraicheur du Baiser Salé parisien d’il y a vingt ans…
Fin de soirée en eau de boudin avec la découverte sur scène du Adam Rudolph’s Moving Pictures au Gesù. Un sextet dirigé par le percussionniste Adam Rudolph avec Graham Haynes (cornet), Ralph Jones (flûtes et sax), Kenny Wessel (guitare), Jerome Harris (basse) et Brahim Frigbane (percussions). Mollasson et baba, loin du groove enraciné d’un Kahil El Zabar, une écriture vainement alambiquée, un guitariste ignorant la définition d’une attaque… Il était temps de retrouver Tigran Hamasyan chez Justin Wee, animateur du site nextbop.com pour une partie de rires, histoire de boucler la boucle. Tigran sortait tout juste de son concert en solo au festival. Un avant-goût de son premier album chez Universal qu’il enregistrera en piano solo à la mi-septembre à Paris sur un Fazioli.
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Festival Jazz Montréal 2010, Robert Glasper, Terence Blanchard, John Zorn, Ahmad Jamal, Sylvain Luc, Adam Rudolph; Tigran Hamasyan
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Happy Birthday Ahmad Jamal
Vendredi 2 Juillet 2010 14:23
. -
80 ans aujourd'hui 2 juillet ! Il les fêtera sur la scène de festival de Montréal ce soir. On le retrouvera sur France Musique en direct de Marciac le 4 août de 23h à minuit…
En prélude, la vidéo du Darn That Dream de 1959 avec Israel Crosby et Vernell Fournier, son premier grand trio.
plus d'infos
> http://www.dailymotion.com/video/x2qwft_ahmad-jamal-trio-1959-darn-that-dre_music
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Ahmad Jamal Live
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Hervé - 04/07/2010 11h33
Nul doute que je serai ce soir-là à l' écoute de ce très grand !
Merci de tous ces bons moments de jazz partagés sur France Musique.
Montréal 2010 (2) : le Masada marathon, cinq heures magistrales
Vendredi 2 Juillet 2010 07:03

Marc Ribot (g), John Zorn et Cyro Baptista (perc) © Denis Alix
1er juillet, jour de fête nationale au Canada. Pour l’occasion, le festival s’est offert toute la famille musicale de John Zorn, rassemblée autour du répertoire écrit dans la série Masada. Soit 11 formations (ou plutôt formulations) réparties en deux concerts successifs, à 18h et à 21h30 dans un Théâtre Maisonneuve bondé à craquer (1453 places). Six groupes différents pour le premier concert, cinq autres pour le second. Quasiment deux heures trente de musique à chaque fois. À minuit, sortie sous les étoiles, on avait traversé un désert des mille et une nuits.
L’eau de pluie du désert. 18h, ouverture sublime avec Bar Kokhba, le sextet à cordes et percussions : Mark Ribot (guitare), Mark Feldman (violon), Erik Friedlander (violoncelle), Greg Cohen (contrebasse), Joey Baron (batterie) et Cyro Baptista (percussions). Zorn dirige avec son sens de la précision et des nuances exacerbé, on a sous les yeux et les oreilles une musique originelle. Mélodies venues du fond des temps, pulsations irrésistibles, couleurs chatoyantes, sensualité des lignes d’improvisation, jouées avec la pulpe des doigts. Trois morceaux en état de grâce et puis s’en vont. Sur un tapis volant.
Le sable rouge du désert. Moins d’une minute pour aménager le plateau pour les suivants. Ce sera le trio du pianiste Jamie Saft, avec Greg Cohen (b) et Kenny Wollesen (batterie). Zorn reste en coulisses cette fois. Deux compositions et la matière première du jazz - impro, swing, interaction - avec un Kenny Wollesen héritier d’Elvin Jones dans un accompagnement enveloppant et excitant poussant le pianiste à se dépasser dans des chorus torrides.
Le feu du désert. Ils sont rejoints par le clarinettiste Ben Goldberg, puisque c’est avec ce quartet que ce dernier vient de publier le volume 15 de la série « Book of Angels » de John Zorn, sur Tzadik. Ce sera la seule apparition de l’instrument roi de la musique klezmer. Très concentré, Ben Goldberg choisit un registre hérité de Jimmy Giuffre, phrases courtes, son tranchant, stridences contemporaines et tendresse lyrique au détour…
Les gazelles du désert. Une sacrée surprise allait enchainer, le quatuor vocal Mycale. Sofia Rei Koutsovitis, Ayelet Rose Gottlieb, Basya Schecter et Malika Zarra déroulent six des compositions du Masada Book Two qu’elles ont enregistrées dans le volume 13 de la série « Book of Angels ». Les mots qu’elles ont mis sur les musiques de Zorn sont en ladino, en anglais, en hébreu, en arabe, en yiddish. Justesse parfaite, jeux de polyphonies rythmiques, recours à des bruitages vocaux hérités autant de Bobby McFerrin que de Cathy Berberian. Elles sont rayonnantes. Standing ovation pour la découverte.
La première rosée du désert. Choix du contraste et de l’épure pour suivre, de la part de Zorn qui a évidemment « pensé » la construction de la soirée comme une suite déroulant une dramaturgie. Ce sera la solitude du violoncelle de Erik Friedlander. Immense. Des réminiscences de toute l’histoire du violoncelle classique, un son d’une humanité et d’une plénitude accomplies, un dépouillement – que ce soit en pizzicato ou à l’archet – qui renvoie à une dimension d’universalité de la musique : une pureté originelle, intemporelle.
Les scorpions du désert. Retour de John Zorn à la direction, saxophone alto en prime pour la conclusion du premier concert avec le Masada Sextet : avec le « classique » quartet Masada, soit Zorn, Dave Douglas (trompette), Greg Cohen (b) et Joey Baron (dms), deux invités, le pianiste Uri Caine pour un rappel à l’ordre du jazz et le percussionniste Cyro Baptista pour une mise en espace colorée. Entame au venin du saxophoniste et premier chorus de trompette de Dave Douglas en tornade dévastatrice. Distribution des cartes au doigt et à l’œil par le leader : une extension de Masada qui rendait le sourire de Joey Baron encore plus lumineux.
Une heure à attendre avant le démarrage de la seconde moitié du marathon. Dans la salle voisine, le Théâtre Jean Duceppe, le trompettiste néo-orléanais Terence Blanchard venait de commencer son concert en quintet. Quatre nouveaux talents à ses côtés : Brice Wiston, sax ténor, Fabian Almozan, pianiste cubain, Joshua Crumbly, bassiste de 18 ans à peine, et Kendrick Scott, batteur d’une créativité permanente. Sur les ballades particulièrement, un jazz habité par un très intense feeling. Et sur la trompette, Terence Blanchard affiche une maitrise du son qui renvoie aux grands de l’histoire du jazz. C’était la pause « retour aux fondamentaux ».
21h30, retour au Masada marathon. Cinq formations au programme cette fois.
Le souffle cinglant du désert. Entame par le duo violon – piano, mari et femme que l’on vit en mai dans la cour du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris, dans le cadre de l’expo Radical Jewish Culture : Mark Feldman et Sylvie Courvoisier. Audacieux, en osmose parfaite, imbriquant effets de stridences et évidence de lignes caressées, brillants. Nous voilà replongés dans le bain.
Le clair de lune du désert. C’est le temps du sextet Dreamers, dirigé par Zorn : Marc Ribot (g), Jamie Saft (Fender Rhodes), Kenny Wollesen (vibraphone), Trevor Dunn (basse électrique), Joey Baron (dms) et Cyro Baptista (perc). Un easy listening de luxe, qui ne quitte jamais la mélodie – jusqu’à l’hypnose parfois – ni le groove. Ça danse, ça chante, ça dérape à peine pour se rattraper avec une élégance confondante dans les détails. Comme pour Bar Kokhba au début de la soirée, on a la sensation d’assister à une leçon de musique : comment elle nait, se développe, se nourrit, se partage, se vit…
Le cavalier du désert. Piano solo. The great Uri Caine, annonce Zorn. Exactement. Une boule d’énergie pour le versant le plus éloigné de la lettre des compositions de Masada, mais avec un tel engagement dans la réappropriation, que l’on est emporté par l’élan et la puissance d’expression. Une approche délibérément orchestrale du piano et donc au bout du compte totalement en phase avec les conceptions zorniennes.
Le silence du désert. Assis par terre en tailleur au pied des trois pupitres du Masada String Trio (violon, violoncelle, contrebasse, soit Mark Feldman, Erik Friedlander et Greg Cohen), John Zorn tient là l’un des sommets de la soirée. Dentelles, réactivité permanente, fulgurances, mais aussi une place particulière dévolue au silence pour créer une profondeur de champ ouvrant sur l’émotion. Délire colossal de la salle en sortie de la séquence.
La voûte céleste du désert. Restait à conclure. Ce serait l’affaire de Electric Masada : John Zorn (as), Marc Ribot (g), Jamie Saft (claviers), Ikue Mori (electronics), Trevor Dunn (b), Joey Baron et Kenny Wollesen (deux batteries) et Cyro Baptista (perc). Les grondements du chaos, les gazouillis de la création du monde, des bacchanales délurées, des mélodies au cordeau, violences et soiries, transparences et enchevêtrements, on avait là un parfait condensé du voyage dans lequel Zorn nous avait embarqué pour une soirée d’exception.
« Je préfère emmener dix groupes dans une soirée que de faire dix concerts avec le même groupe » venait-il de confier. Merci à Zorn d’en avoir rajouté un onzième.
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John Zorn Terence Blanchard Montréal 2010 live
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La famille Marsalis honorée en bloc
Vendredi 2 Juillet 2010 06:27

à droite de Michele Obama : Wynton, Branford, Jason, Ellis et Delfeayo Marsalis © White House Photography
Le National Endowment of the Arts (l'équivalent américain de notre ministère de la Culture) vient d'annoncer les lauréats des 2011 NEA Jazz Masters Awards. Pour le jazz, ce sont le flûtiste Hubert Laws, le saxophoniste Dave Liebman, le compositeur Johnny Mandel et la Marsalis family : le père pianiste Ellis et ses fils, le saxophoniste Branford, le trompettiste Wynton, le tromboniste Delfeayo et le percussionniste Jason. C'est la première fois qu'une "famille" est ainsi récompensée d'un coup.
Par ailleurs, le producteur Orrin Keepnews recevra le 2011 A.B. Spellman NEA Jazz Masters Award pour avoir consacré sa vie à la diffusion du jazz.
Le montant du Prix de chaque lauréat se monte à 25000 dollars.
La cérémonie, retransmise par NPR, la radio publique américaine, aura lieu en janvier prochain.
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Marsalis Prix 2011 NEA
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Montréal 2010 (1) : USA – Angleterre : 2-0
Jeudi 1 Juillet 2010 17:10

Dave Douglas & Keystone © Denis Alix
Montréal, 31ème édition du festival qui vient d’entamer sa deuxième mi-temps. Je n’étais pas sur la feuille de match pour la première, démarrée le 25 juin, mais d’après les témoins rencontrés dans les vestiaires, ils ont été deux à marquer les esprits jusqu’ici : le pianiste Vijay Iyer et le saxophoniste Sonny Rollins. Le jeune « jazzman de l’année » et la statue du commandeur toujours vert…
Au coup d’envoi, le vertige, comme toujours : parmi les 16 concerts en salle de la soirée (sans compter les 22 programmés sur les scènes extérieures gratuites), que choisir ? À quoi dire non ? Je suis un peu aidé à mon grand regret par le fait que le duo José James - Jef Neve affiche archi-complet pour une salle de poche… Entame du jeu, ce mercredi 30 juin, avec VOCAbuLarieS de Bobby McFerrin au Théâtre Maisonneuve. Deux heures de « banane » sur les visages. Dipdipdipdabam. Un concert encore une fois différent du phénomène vocal a cappella. Tchaktchaktchhht. Tout seul d’abord, impro sur le fil en frappant sa poitrine pour marquer la pulsation, registres extrêmes, science du micro agité comme un shaker, freufleuffleufleu, œil malicieux, bruits de bouche, krrrrrr. Et d’un coup il se retourne vers les 22 choristes de l’Ensemble Vocal de Laval pour leur faire reprendre au vol Wapdoowizz !. Le public s’esclaffe jusqu’à ce qu’il fasse volte-face et tende le doigt vers la salle : bibdoudou. Hurlements de plaisir ludique. Il enchaine sur un standard, au passage une version éblouissante d’invention du Naima de Coltrane… Les sept compositions de l’album « VOCAbuLarieS » apparaissent alors, chantées par l’Ensemble et dirigées par leur arrangeur Roger Treece. Mais ce n’est pas un concert au sein du concert, elles sont distillées, entre deux solos, pour signifier un prolongement naturel de la personnalité de Bobby McFerrin. Et lorsque celui-ci propose à des spectateurs de venir faire un duo avec lui assis sur l’avant-scène, pas la moindre démagogie, juste un partage du plaisir.
J’allais redescendre de mon nuage de lait avec le trio so british du pianiste Neil Cowley à l’Astral, le superbe club de la Maison du Festival. D’abord sympathique par sa manière de prolonger l’énergie de ses prédécesseurs E.S.T. ou The Bad Plus et la fausse naïveté de Vince Guaraldi ou Sergio Mendes dans les sixties. Au rayon positif, une belle dynamique dans les progressions collectives en spirale, mais trop d’ostinatos, pas assez de variations de climat et trop peu de nuances globalement, font basculer le concept « culotté mais sympa » vers un divertissement superficiel pour salon de thé déluré.
Final de rattrapage avec le nouveau répertoire du groupe Keystone de Dave Douglas, présenté au Gesù. Intitulé Spark Of Being, il s’agit d’une musique de film écrite pour le film expérimental du même nom de Bill Morrisson, inspiré du « Frankenstein » de Mary Shelley. Casting de rêve pour le trompettiste : Marcus Strickland (sax ténor dans la lignée onirique de Wayne Shorter), Adam Benjamin (extrêmement original dans ses couleurs de Fender Rhodes), Brad Jones (contrebasse implacable de tempo), Gene Lake (batterie funky en mouvement permanent) et en remplacement du nouveau papa DJ Olive, Countryman aux platines (en coulisses). La musique ? Une extension du Miles Davis de « Filles du Kilimandjaro » pour le son, du Don Cherry de « Complete Communion » pour la mise en forme d’une suite. Tout cela d’une modernité achevée par une conception très personnelle de l’écriture et du rapport entre les souffleurs et une rythmique souvent propulsée au premier plan. Mine de rien, les dialectiques électrique/acoustique, spontanéité/retraitement des sons, exposé/développement sont bousculées, questionnées. Avec des propositions de réponse brillantissimes sur le plan du son et du phrasé. Une leçon de créativité totalement jouissive.
À noter qu’une trilogie d’albums est attendue présentant la musique du film (« Soundtrack », déjà sorti), des impros sur la musique du film (« Expand », sortie le 24 août) et les morceaux non retenus pour le film (« Burst », pour le 21 septembre).
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Festival Jazz Montréal 2010, Bobby McFerrin, Neil Cowley, Dave Douglas
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solene - 07/07/2010 19h09
j'en profite : à qd des lectures / chroniques par Véronique Sauger, avec vos émissions ? bises d'une passionnée !
Jazz à Montréal : quelle histoire !
Jeudi 1 Juillet 2010 02:49

La traduction française du livre que l’historien John Gilmore publia en 1988 sous le titre « Swinging in Paradise : The Story of Jazz in Montreal » vient de paraître sous le titre « Une histoire du jazz à Montréal » (Lux éditeur, 416 p., 23 €, ISBN 978-289596-056-0, distribution Harmonia Mundi). Un livre référence : la scène jazz montréalaise a été extraordinairement vivace dès 1920, mais dans un désert documentaire absolu. Aucun enregistrement jusqu’en 1950 n’a témoigné de ce qui s’y déroulait et les archives de la presse n’ont pas pris le soin d’indexer leurs articles avant 1966. Du coup, c’est un patient travail de fourmi, à partir de témoignages et en recoupant toutes les armoires à souvenirs, qu’à entrepris John Gilmore. Un vrai travail d’historien, patient, obstiné, et constamment relié au contexte. Celui de la Prohibition, quand Montréal faisait figure d’Oasis ; celui de la seconde Guerre mondiale, quand les québécois refusèrent la conscription censée soutenir les anglais ; celui de l’ordre moral lorsque Jean Drapeau fut élu maire pour un long règne de « nettoyage » des activités nocturnes de la ville.
Derrière ce décor, on croise des pionniers du ragtime comme Jean-Baptiste Lafrenière, ou des pères fondateurs qui formèrent des générations, tels le pianiste Willy Eckstein ou le saxophoniste ténor répondant au nom délicieux d’Adrien Paradis, ou encore le trompettiste Louis Metcalf, jadis membre de l’orchestre d’Ellington et qui se retrouva enfanter la scène bebop de Montréal après-guerre. Bien sûr, les débuts d’Oscar Peterson encore adolescent au sein de l’orchestre de Johnny Holmes y sont relatés par le menu…
Un peu plus tard on croisera Paul Bley, natif de la ville et surtout animateur entre 1952 et 54 d’un collectif - le Jazz Workshop – qui préfigure ses engagements futurs à New York, mais surtout qui témoigne de la démarche constante des musiciens montréalais pour regrouper leurs forces, y compris pour gérer eux-mêmes des clubs de jazz.
Bref, on tient là un document de première importance sur un demi-siècle (le livre s’achève en 1970) passionnant où le jazz est exactement au milieu de toutes les tourmentes.
Dix ans plus tard, en 1980, le Festival International de Jazz de Montréal allait naître de ces prémisses enfouies.
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Jazz Montréal Histoire Livre
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Alex Dutilh




