13 mai 2013 20:00

20h00 : LE CONCERT DU SOIR, par Arnaud Merlin
21h30 : LE MAGAZINE DE LA CONTEMPORAINE, par Arnaud Merlin avec les reportages de Pierre Rigaudière et l'interview "sur le vif" de Jean-Pierre Derrien 
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Le concert du soir
Concert enregistré le 21 mars à Paris, au Studio de l'Ermitage
Juan José Mosalini (né en 1943)
Naomi pour deux percussions et accordéon (2011, œuvre dédiée au Trio KDM)
Trio K/D/M
Bachar Khalife, vibraphone
Gilles Durot, marimba
Anthony Millet, accordéon
Gustavo Beytelmann (né en 1945)
Rush pour deux percsussions et accordéon (2011, œuvre dédiée au Trio KDM)
Trio K/D/M
Bachar Khalife, vibraphone
Gilles Durot, marimba
Anthony Millet, accordéon
Bachar Khalife (né en 1983)
La Poderosa pour deux percussions et accordéon (2011, œuvre dédiée au Trio KDM)
Trio K/D/M
Bachar Khalife, vibraphone
Gilles Durot, marimba
Anthony Millet, accordéon
Martin Matalon (né en 1958)
K/D/M Fragments pour deux percussions, accordéon et dispositif électronique (2011, œuvre dédiée au Trio KDM)
Trio K/D/M
Bachar Khalife, marimba
Gilles Durot, percussions, vibraphone, marimba
Anthony Millet, accordéon
Tomas Gubitsch (né en 1957)
Tres nada tristes tigres pour deux percussions et accordéon (2011, œuvre dédiée au Trio KDM)
Trio K/D/M
Bachar Khalife, marimba
Gilles Durot, vibraphone
Anthony Millet, accordéon
Luis Naon (né en 1961)
Urbana pour percussion, accordéon et électroacoustique (version révisée, 1998/2012, œuvre dédiée au Trio KDM)
Trio K/D/M
Gilles Durot, percussions, vibraphone
Anthony Millet, accordéon
Astor Piazzolla (1921-1992)
Le Grand Tango (adaptation pour vibraphone et accordéon)
Trio K/D/M
Bachar Khalife, vibraphone
Anthony Millet, accordéon
Tomas Gubitsch (né en 1957)
Contra vientos y mareas pour deux percussions et accordéon (2011, œuvre dédiée au Trio KDM)
Tomas Gubitsch, guitare électrique
Trio K/D/M
Bachar Khalife, vibraphone
Gilles Durot, marimba
Anthony Millet, accordéon
Bienvenue pour ces Lundis de la Contemporaine dans une formule un peu particulière puisque France Musique passe toute la journée avec Leonardo Garcia Alarcon, qui va rester en notre compagnie durant cette émission.
Le Trio KDM proposait un programme intitulé "L'Argentine savante et populaire - Entre tango et musique électronique", avec des pièces de Juan José Mosalini, Gustavo Beytelmann, Martin Matalon, Tomas Gubitsch, Luis Naon et Astor Piazzolla, entre autres - un programme donc aux couleurs argentines, dont une bonne partie des pièces ont été dédiées au Trio KDM, composé de deux percussionnistes, Bachar Khalife et Gilles Durot, et d’un accordéoniste, Anthony Millet, qui eux ne sont pas Argentins évidemment.
Le concert s’ouvrait avec une pièce de Juan José Mosalini, formidable musicien argentin né en 1943 ; il a fait toute la première partie de sa carrière au bandonéon au sein des meilleurs orchestres de Buenos Aires, jusqu’en 1977 où il décide de s’installer à Paris ; il continue à y développer son talent de compositeur et d’interprète, notamemnt au sein d’un trio qu’il partage avec le pianiste Gustavo Beytelmann, Argentin comme lui, et le contrebassiste Patrice Caratini, qui vient du jazz…
Juan José Mosalini est aussi un grand pédagogue, on lui doit la création du premier cours de bandonéon en Europe au Conservatoire de Gennevilliers, et d’ailleurs l’accordéoniste du Trio KDM, Anthony Millet, a été son élève.
Après Juan José Mosalini, voici Gustavo Beytelmann, un musicien qui appartient à la même génération : né en 1945 en Argentine, il est pianiste et surtout compositeur ; il a quitté l’Argentine en 1976 et s’est installé en Europe où il a beaucoup joué avec Mosalini et Patrice Caratini en trio tout en signant de nombreuses partitions, des musiques de films également ; lui aussi a enseigné, en particulier au Conservatoire de Rotterdam.
On continue avec une partition écrite par l’un des membres du trio, le percussionniste Bachar Khalifé, né à Beyrouth en 1983 dans une famille de musiciens ; son père est un célèbre chanteur et joueur de oud libanais, son frère est pianiste, et lui-même mène d’autres expériences musicales sous son propre nom…
Le titre de "La Poderosa" fait allusion à la moto avec laquelle le tout jeune Che Guevara, qui était Argentin, a voyagé en Amérique latine au début des années 50 ; c’est une sorte de carnet de voyage…
Nous revenons aux compositeurs argentins et nous changeons de génération avec Martin Matalon qui est né en 1958 à Buenos Aires ; on le cnonnaît bien en France puisqu’il a choisi de s’installer ici depuis une vingtaine d’année, après un séjour new-yorkais ; il a beaucoup travaillé sur l’image ou sur des textes, c’est un compositeur prolixe et très demandé ; et parmi ses nombreux travaux il a signé un concerto pour le Trio KDM et orchestre, qui a été créé au Qatar ; la pièce que nous écoutons ce soir en est une sorte d’adaptation avec bande.
Après l'entracte, le Trio DKM revenait sur la scène pour une pièce de Tomas Gubitsch, un musicien qui a une certaine place dans cette histoire ; il est né en 1957 à Buenos Aires et très vite il s’est fait connaître comme guitariste dans un registre plutôt rock ; il est venu en Europe avec Astor Piazzolla et il y est resté ; Tomas Gubitsch fait le lien depuis entre plusieurs univers, le rock, le tango, la composition contemporaine, c’est un talent vraiment à part dans le paysage.
Dans la même génération que Martin Matalon et Tomas Gubitsch, on trouve aussi Luis Naon, qui est né en 1961 à La Plata en Argentine ; il s’est installé en France en 1981 ; il a beaucoup travaillé dans le domaine électroacoustique, qu’il enseigne d’ailleurs depuis de nombreuses années notamment au Conservatoire national supérieur de Paris ; on lui doit notamment un grand cycle intitulé "Urbana" dont est tirée la pièce que nous allons écouter - c’est la première pièce du cycle, écrite voici une quinzaine d’années, mais c’est une version révisée récemment que le compositeur a dédiée au Trio KDM.
Le concert se refermait avec un classique d’Astor Piazzolla, que l’on ne présente plus : il s’agit du Grand Tango, une pièce écrite au début des années 80 pour violoncelle et piano et dédiée à Mstislav Rostropovitch ; elle est ici reprise dans une adaptation pour vibraphone et accordéon.
Le public chaleureux du Studio de l’Ermitage réclamait un bis, il lui a été accordé avec Tomás Gubitsch en invité à la guitare électrique, qui livre une belle introduction improvisée pour sa composition "Contra vientos y mareas" dédiée au Trio KDM…
illustration : Le Trio K/D/M © DR